Cameroun : Les mouches de fruits – une calamité pour les vergers

Les mouches de fruits colonisent les vergers et les champs, infestent les fruits pour les rendre impropres à la consommation.

Fruits tachetés, pourris ou contenant des asticots, tels sont les signes extérieurs des fruits attaqués par les mouches de fruits. Ces dommages peuvent parfois passer inaperçus durant la récolte et la manipulation, mais produire des pertes durant la commercialisation.
Cela devient de plus en plus récurrent que le COLEACP a tiré la sonnette d’alarme il y a une dizaine d’années. En dehors des espèces de mouches de fruits indigènes habituellement identifiées sur les fruits et légumes dont les Cératites et Dacus, une nouvelle espèce venue d’Asie a envahi les vergers en Afrique causant des dégâts évalués par les spécialistes à plus de 80 % en fonction des saisons, du type de fruits et de la zone agro-écologique. Autrefois appelé Bactrocera invadens, la mouche orientale Bactrocera dorsalis a été signalée au Cameroun depuis 2004 après sa découverte en 2003 sur les côtes kényanes. Cette espèce peut s’attaquer à près de 65 plantes cultivées et sauvages mais exhibe une préférence pour les mangues, les goyaves, les bananes mures, les agrumes et les mangues sauvages. Les cultures maraîchères ne sont pas en reste avec des dégâts sur les cucurbitacées tels que le melon et la tomate. La recherche à travers l’IITA et le Cirad, a sensibilisé les Etats et les acteurs de la filière sur le danger encouru.
Les pays de l’Afrique de l’Ouest ont engagé un combat régional qui porte déjà ses fruits contre ce fléau. Le Kenya en Afrique de l’Est a également enregistré des grandes avancées dans la lutte contre ces insectes.
Au Cameroun, la riposte tarde à prendre corps malgré des conséquences de plus en plus désastreuses. Le Cameroun perd de plus en plus des parts de marché dans ses exportations des fruits en Europe. L’on se souvient encore de ces cargaisons de mangues camerounaises qui ont été rejetées en 2006 et 2007 par l’Union Européenne, causant un énorme préjudice économique.

Irénée Modeste Bidima

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