Cameroun : 60 jeunes reçoivent leurs parchemins à Obala

La troisième cohorte des jeunes formés dans le cadre du projet Professionnalisation des Jeunes Agriculteurs au Cameroun (ProJACam) a été honorée le 22 novembre 2021 à l’Institut Agricole d’Obala (IAO).

La cérémonie marquant la sortie officielle de 60 jeunes formés en entrepreneuriat agropastoral à l’IAO était organisée par l’association Agriculteurs Français et Développement International (AFDI) et la Chambre d’Agriculture de Côte d’Or en France, en collaboration avec la Confédération Nationale de Producteurs de Cacao et Café du Cameroun (Conaprocam).
Lancé en février 2021, le projet intitulé «Formation duale pour une meilleure insertion des jeunes hommes et femmes dans les filières agricoles, les organisations des producteurs et les territoires ruraux», a formé à ce jour au total 175 jeunes, dont 90 dans la production du cacao et 85 dans l’élevage des poulets. Parmi eux, on compte 40 jeunes migrants camerounais de retour au pays pour leur réintégration.

360 jeunes à former

Les jeunes sont formés à travers l’approche de formation duale qui consiste en une formation théorique à l’IAO et des formations pratiques sur le terrain auprès des maîtres de stage qui sont des producteurs expérimentés. D’après Lapaques Crysmabé, coordinatrice du ProJACam, ce projet entend contribuer à la création d’emplois et à l’insertion professionnelle durable des jeunes. Il va former au total 360 jeunes donc 108 migrants dans les filières porteuses que sont le cacao, le maïs et le poulet. La formation est ouverte aux jeunes et aux femmes diplômés ou non, qui désirent entreprendre dans les trois filières prévues par le projet.
Après la formation, les organisations paysannes à travers un réseau de conseillers paysans, prendront le relai pour assurer l’accompagnement des jeunes, leur insertion professionnelle et leur intégration dans les coopératives.

Magloire Biwolé Ondoua

 

« J’ai compris mes erreurs en aviculture »
Jean Alida Ossogué, jeune formé en aviculture.

Je me suis aventuré à élever 10 poulets de chair chez moi. Dans l’ignorance, j’ai administré des traitements inappropriés, cela a donné de très mauvais résultats. J’ai perdu mes revenus dans cet essai. En suivant la formation en aviculture à l’IAO, j’ai compris mes erreurs. Cette formation m’a éveillé, en me fournissant les connaissances sur les techniques de production et de gestion de l’élevage de poulets pour mon insertion professionnelle dans le secteur.

 

« Réaliser 3 ha de cacao dès la prochaine campagne »
Blaise Adèle Bikoun, jeune formée en cacaoculture.

Ma formation portait la cacaoculture. Mon choix pour cette filière est naturel, je compte suivre les pas de mes parents cacaoculteurs. La phase théorique de la formation s’est passée à l’IAO tandis que la pratique s’est faite au sein du groupement de cacaoculteurs de l’arrondissement de Bafia. La disponibilité de la terre cultivable près de moi est un grand avantage. J’ai pris l’option de réaliser trois hectares de cacao dès la prochaine campagne agricole.

 

« Des jeunes formés pour créer de la richesse »
Louis Ndjié, Directeur de l’Institut Agricole d’Obala.

Aujourd’hui nous célébrons la sortie de la 3ème vague de 60 jeunes formés en aviculture et cacaoculture dans le cadre du projet ProJACam porté par AFDI. D’ici la fin du projet, nous aurons formé six vagues. En plus des jeunes, l’IAO forme les particuliers et les coopératives dans les domaines de l’entrepreneuriat agropastoral, la production animale, végétale et la transformation des produits. Ces jeunes qui sont formés sont armés pour créer de la richesse dans leur milieu de vie.

« Ils sont motivés pour l’agriculture »
Sophie Fonquernie, Présidente AFDI

Je vois une jeunesse convaincue que son avenir est possible en zone rurale dans ce pays. J’observe qu’ils sont motivés pour faire l’agriculture. La formation leur a permis d’acquérir des connaissances techniques et des compétences en gestion. S’installer en campagne pour réaliser un métier et assurer son avenir est le souhait de chacun. Ça fait plaisir de voir que le métier d’agriculteur donne la une possibilité d’avoir une place dans la société. C’est une formidable réussite pour notre projet.

Propos recueillis par
Magloire Biwolé Ondoua

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