Cameroun : Ambiance au marché des condiments feuilles

Basilic, céleri, persil et autres condiments abondent sur les étals, brouettes et divers hangars du marché du Mfoundi dans la ville de Yaoundé.

Marché du Mfoundi. Il est 7h, l’espace marchand fourmille de monde. Difficile d’y accéder à partir du lieu-dit Pont de la gare. Entre brouettes et véhicules surchargés de vivres frais, commerçants et clients se disputent le passage. L’on se marche dessus, se bouscule pour avancer. Seule précaution, surveiller son portefeuille.
C’est dans cette ambiance que Clotilde Amara essaye de se frayer un chemin. L’étudiante en 3e année sociologie à l’université de Yaoundé I vient tout juste de se lancer dans la commercialisation des condiments feuilles. C’est sur une brouette recouverte d’une bâche que la jeune femme de 24 ans entame son aventure.
Encerclée par des bayam-sellam plus âgées qu’elle, Clotilde positionne son «comptoir» avec prudence sous le regard méfiant de ses nouvelles collègues. Premier reflexe, arroser les condiments feuilles. Elle demande à sa voisine la plus proche de surveiller sa marchandise tandis qu’elle s’en va puiser de l’eau. De retour, elle trempe tour à tour basilic, persil et céleri. Les feuilles se réveillent et présentent fière allure. «J’ai préféré commencé avec une marchandise de 10.000F et j’espère tirer un bon profit». Encouragée par sa tante, grossiste de condiments feuilles, Clotilde considère cette nouvelle activité comme un moyen de s’acquitter de ses frais universitaires sans dépendre d’un tiers.

La vente des condiments, une activité rentable
Contrairement à Clotilde, madame Rime, de son surnom au sein de l’hangar 5 du marché Mfoundi est à sa 10e année dans la vente des condiments. «C’est une activité bénéfique à mon sens», confie-t-elle. Se ravitaillant tous les deux jours sur place dès 5h30 auprès des cultivatrices venues de Messassi, Nkolondom et Obala, madame Rime précise que le prix d’achat est fonction de la nature de la «cour», entendez, abondance ou non de la marchandise. «Si la cour est vide, la botte de céleri est à 5000F, le basilic 1500F et le persil 1200F. Mais quand elle est pleine, le prix des condiments revient respectivement à 4000, 1000 et 800F».
L’abondance ici s’observe en saison pluvieuse et la rareté en saison sèche. Une fois livrée, la quadragénaire détaille ses condiments feuilles en petits paquets de 25F, 50F, 100F, 300F voire 500F. «Je peux faire des bénéfices de 500F par botte tout au plus. Les condiments se conservent sur les étales pendant 2 jours. Après cette période, c’est direction la poubelle», déplore madame Rime.
Germaine Mekou quant à elle, semble avoir trouvé un palliatif à cette perte de revenu. Son astuce, le séchage. «Je sèche une grande partie des invendus dès le deuxième jour», confie-t-elle. Les condiments séchés ont une clientèle particulière : «les Mbenguistes». Après plus de 25 ans passés dans ce secteur d’activité, Germaine a su se faire des contacts. «Ce sont des anciens clients avec qui je m’étais familiarisé. Ils me passent des commandes de 5000, 10.000 et même plus», explique-t-elle. Activité de subsistance au départ, la vente de condiments feuilles s’est transformée en une principale source de revenue pour Germaine.

Sonia Omboudou

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