Cameroun : Atouts de la lutte intégrée contre les maladies de la pomme de terre

Pour une production qualitative et quantitative de la pomme de terre au Cameroun, le Projet Centres d’Innovations Vertes pour le Secteur Agro-alimentaire (ProCISA) de la GIZ, en partenariat avec le CIP, promeut la lutte intégrée contre les maladies et ravageurs.

Le constat est criard. «Actuellement, les parcelles de pomme de terre à l’Ouest du Cameroun sont en majorité affectées par le flétrissement bactérien et par les nématodes. Ces parasites font des ravages sur la production» affirme Dr Honoré MAFOUO, ingénieur agronome, formateur dans la filière pomme de terre et point focal de la GIZ à la Délégation Régionale de l’Agriculture et du Développement Rural de l’Ouest (DRADER Ouest).

Cet état des lieux préjudiciable à la filière, a conduit la GIZ à solliciter le partenariat du Centre International de la Pomme de terre et de la Patate douce (CIP) pour développer des formations sur la lutte intégrée contre les ennemis de cette culture au Cameroun, principalement dans les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest et de l’Adamaoua où intervient le ProCISA.

Gestion de la ressource naturelle

La lutte intégrée contre les parasites et la bonne gestion des ressources naturelles que sont l’eau, le sol et la plante sont combinées pour maximiser la riposte contre les ennemis de la culture. D’après Eric TIOZANG, chercheur et responsable des formations au CIP, il existe cinq principales méthodes de lutte contre les parasites. «Il y a la lutte culturale, chimique, physique, biologique et naturelle. On associe plusieurs méthodes en fonction de l’environnement et du sol pour avoir de bons résultats. D’où le principe de la lutte intégrée» explique le partenaire technique du ProCISA.

Pour avoir suivi la formation du CIP, Severin Maxime AKADJIO, jeune agriculteur et facilitateur ProCISA dans la filière pomme de terre au village Baleveng par Dschang, témoigne: «Je suis aujourd’hui une personne ressource reconnue en matière de production de pomme de terre respectueuse des bonnes pratiques agricoles».

Les bonnes pratiques agricoles portent sur le choix du site approprié, la conduite de la culture, l’identification et le contrôle des ennemis, la récolte et la bonne conservation des tubercules.

« Mon champ est ouvert. Je suis prêt à transmettre à d’autres agriculteurs autour de moi ce que j’ai appris pour une bonne production de pomme de terre» confie le jeune agriculteur du quartier Saa à Baleveng.

Marie Pauline Voufo

 

Choisir des semences certifiées résistantes aux maladies
Eric TIOZANG, Consultant/Chercheur et responsable des formations au CIP Cameroun.

La lutte intégrée est une combinaison rationnelle de différentes méthodes de lutte contre les maladies et les ravageurs d’une culture. Elle vise à contenir les populations de ravageurs et des maladies dans des limites acceptables et à maintenir les pesticides et autres interventions à des niveaux économiquement justifiables, sans danger pour la santé humaine et l’environnement.

Pour le cas de la pomme de terre, nous recommandons principalement la lutte culturale qui se fait à travers le choix de variétés résistantes aux maladies et ravageurs, l’usage des semences de pomme de terre certifiées ayant fait l’objet d’une inspection de la DRCQ du MINADER, la rotation des cultures, la jachère de plus de deux années, et l’usage des fumures organiques
telles que les fientes de poules.

 

La rotation des cultures est intéressante
Severin Maxime AKADJIO,  facilitateur et producteur de pomme de terre à Saa Baleveng.

J’ai fait l’école de l’entrepreneuriat agricole du ProCISA, ainsi que la formation pratique en champ sur la culture de pomme de terre. Ce qui m’a le plus intéressé c’est l’utilisation raisonnée des fertilisants et la rotation des cultures. Je cultive les pommes depuis l’enfance mais je ne connaissais pas ces astuces.

Je pensais que pour avoir beaucoup de tubercules, il faut mettre beaucoup d’engrais sur la plante. C’est une grosse erreur, car trop d’engrais est même nocif.

Pour un bon développement des tubercules, il est important de faire au moins deux buttages. Cela réduit l’incidence des maladies et ravageurs sur les tubercules et évite que les stolons ne deviennent de nouvelles tiges aériennes une fois exposés à la lumière.

Tous les producteurs gagneraient à se former à ces bonnes pratiques pour une meilleure productivité.

 

La semence saine est produite à plus de 1800 m d’altitude
Dr Honoré MAFOUO, formateur dans la filière pomme de terre et point focal de la GIZ / DRADER Ouest.

Le sol adapté à la pomme de terre est meuble, profond, bien drainé et ne doit pas avoir reçu lors des deux ou trois dernières années, les plantes de la même famille que la pomme de terre notamment la tomate, l’aubergine, le piment, le poivron et le tabac.

Malheureusement, beaucoup de paysans continuent d’enchainer les campagnes de pomme de terre sur la même parcelle.

Par ailleurs, pour produire une semence saine, il faut une parcelle située à au moins 1800 mètres d’altitude. Les producteurs qui respectent cela sont émerveillés par la qualité de leur production.

Propos recueillis par
Marie Pauline Voufo

 

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