Cameroun : Céréales, asticots, tourteaux et fourrages nourrissent les poules

Les aviculteurs accompagnés par le Projet Centres d’Innovations vertes pour le Secteur Agro-alimentaire (ProCISA) au Cameroun bénéficient des formations sur les bonnes pratiques d’alimentation.

L’alimentation de la poule compte pour plus de 70% des coûts d’exploitation. C’est un domaine clé pour réussir l’élevage.

« Dans le manuel Bonne Pratique d’Elevage développé par le ProCISA, un focus est fait sur le module alimentation qui contient un condensé de 60 formules alimentaires et des techniques complémentaires de production des asticots et du fourrage hydroponique pour supplémenter ou substituer la provende mise à la disposition des éleveurs après leur formation sur les bonnes pratiques d’alimentation », déclare Guy Francis Kouyem, Chef d’Antenne ProCISA Adamaoua à Ngaoundéré.

Consultant/formateur auprès du ProCISA Adamaoua, Francis Dongmo Djiotsa, conseiller agropastoral au Programme Développement Rural du CODAS Caritas Ngaoundéré, affirme : « Les poulets villageois ont besoin d’une alimentation équilibrée en énergie, protéines, vitamines, minéraux et oligo-éléments pour être en bonne santé et bien grandir pour produire des œufs et de la viande. »

D’après ce formateur, les sources d’énergie sont : les céréales (maïs, sorgho et leurs dérivés tels le son et la drêche), les tubercules (patate, manioc). Les protéines sont : la farine de poisson, les asticots, les légumineuses (haricot, soja), les insectes, les vers de terre, les tourteaux (soja, arachide, coton). Les minéraux proviennent de : coquillage, poudre d’os et sel de cuisine. Les vitamines proviennent de : fourrages (herbes) et des fruits. « Nous avons doté les coopératives d’éleveurs de 03 broyeurs-mélangeurs dans l’Adamaoua pour produire des aliments de qualité » confie Guy Francis Kouyem. Ces équipements offrent une facilité à broyer et à mélanger les ingrédients en quantité en peu de temps pour nourrir les poulets.

Marie Pauline Voufo

 

                                Se former pour bien élever
Abdon Claude Chokote, éleveur à Gada-Djalingo.

« Je suis un ancien imprimeur, reconverti à l’élevage avicole. J’ai fait la connaissance du projet ProCISA qui m’a permis de suivre des formations sur le logement, l’alimentation, la santé, la vaccination des sujets, la reproduction, le chauffage des poussins et l’engraissement. Je mets en pratique ces connaissances et mes poules sont en bonne santé.

Aujourd’hui le projet m’utilise comme éleveur modèle et facilitateur pour la mise à l’échelle des formations. J’ai déjà formé plus de 50 éleveurs en bonne pratique d’élevage. »

 

Un bon aliment doit couvrir les besoins du sujet
Guy Francis Kouyem, Chef d’Antenne ProCISA Adamaoua.

  « Un bon aliment pour les poules permet de couvrir les besoins d’entretien, de production et de reproduction; autrement dit de la production de la chair et des œufs. Il doit être équilibré, c’est-à-dire contenir tous les éléments nutritifs dans les proportions requises en fonction de l’âge du poulet. Il faut une formule alimentaire spécifique à différents âges: poussins, poulets en croissance, poulettes, pondeuses, poules en phase de finition.

L’accompagnement du ProCISA avec l’appui du MINEPIA porte sur le renforcement des capacités des éleveurs en techniques de production de leur propre provende à moindre coût. Les éleveurs apprennent à connaître les différentes matières premières disponibles et accessibles dans leur environnement. Puis, ils sont formés sur les techniques simples de production d’asticots, de fourrage hydroponique et de captage des termites pour nourrir leurs poules. »

 

L’aliment varie selon l’âge du cheptel
Francis Dongmo Djiotsa, formateur au CODAS Caritas Ngaoundéré.

« Les besoins du poulet en aliment varient selon l’âge et l’objectif de production. Diverses formules alimentaires sont disponibles. La composition de l’aliment doit tenir compte des matières premières disponibles localement. La provende n’est qu’un complément en aviculture traditionnelle. L’essentiel de l’aliment des poulets villageois est constitué des feuilles vertes utilisées comme fourrage. »

Le poulet villageois mange le fourrage
                                            Mme Kazi Madore, avicultrice à Bamyanga.

« J’ai beaucoup appris sur l’utilisation du fourrage en aviculture, la production des asticots et des déchets de fruits et légumes pour nourrir les poules du village. J’ai moi-même développé une recette pour nourrir mes poulets, à base des déchets de cuisine et des restes de nourriture. Le résultat sur mes sujets est excellent. »

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