Cameroun : Consommer la patate douce ne cause pas le diabète

Nous produisons régulièrement de la patate que nous consommons en famille. Seulement nous avons parfois des difficultés à vendre l’excédent de production sur le marché, car il se raconte beaucoup de choses sur sa consommation. Certaines croyances laissent entendre que la consommation de la patate provoque le diabète et la stérilité chez l’homme, fait naître les vers intestinaux chez les enfants et augmente les risque de contracter le paludisme.

Ces croyances sont-elles des  mythes ou réalités  //Jean Louis-Bafoussam, Cameroun

Que de croyances erronées autour de la patate douce! Pourtant c’est un bon aliment. 

Pour rappel, il existe deux grandes catégories de patate douce: patate douce à chair blanche et patate douce à chair de couleur. La patate douce à chair de couleur orange (PDCO) est la plus productive et la plus consommée.

Les recherches sur la patate douce sont assez avancées. Essayons d’y confronter les mythes et réalités que vous relevez et bien d’autres qui accablent injustement ce féculent de qualité.

 Mythe 1: La consommation d’aliments sucrés, y compris la patate douce, peut provoquer le diabète.

 Réalité 1 : Le diabète de type 2 (dans lequel l’organisme ne produit pas suffisamment d’insuline ou que l’insuline ne fonctionne pas correctement, avec pour conséquence une glycémie élevée) constitue la forme la plus fréquente de diabète. Mais il n’est pas causé par la consommation d’aliments sucrés. Cependant, une mauvaise alimentation, surtout remplie de certains types de sucres, augmente la probabilité de contracter la maladie.

Les facteurs à risque de développement du diabète de type 2 comprennent l’hypertension, le taux élevé de triglycérides (graisses) dans le sang, l’alimentation riche en matières grasses, la consommation excessive d’alcool, une vie sédentaire (peu d’exercices) et le surpoids ou l’obésité.

Contrairement à ce mythe, la patate douce est souvent recommandée aux diabétiques, car elle a un indice glycémique (IG) plus faible que beaucoup d’autres féculents.

 Mythe 2 : La patate douce et les aliments sucrés sont bons pour les femmes et les enfants, mais pas pour les hommes, car ils provoquent l’infécondité chez les hommes.

 Réalité 2 : Les aliments au goût sucré n’ont pas un effet négatif sur la fertilité masculine.

Au contraire, la vitamine A qui se trouve dans la patate douce à chair orange (PDCO) et d’autres aliments est importante pour prévenir l’atonie (manque d’énergie) des spermatozoïdes.

La PDCO est également riche en acide folique, une vitamine B aux propriétés anti oxydantes qui est essentielle pour garder le sperme exempt des anomalies chromosomiques.

L’apport suffisant en folates (le folate est la forme d’acide folique qui se produit naturellement dans l’organisme) est également important pour les femmes avant et pendant la grossesse. La PDCO, riche en vitamines A, C, E et en acide folique, est l’aliment parfait pour la fécondité des hommes.

 Mythe 3 : La consommation d’aliments sucrés tels que la patate douce provoque les vers intestinaux chez les enfants.

Réalité 3 : Les vers sont des parasites intestinaux qui infestent aussi bien les humains que les animaux. Ils pénètrent dans le corps humain à partir de trois sources: l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la nourriture que nous mangeons. Il n’existe pas encore une relation entre le goût des aliments et la présence de vers.

 Mythe 4 : Consommer des aliments sucrés tels que la patate douce expose au paludisme.

 Réalité 4 : Le paludisme est transmis à l’homme lorsqu’un anophèle femelle infecté pique une personne et injecte les parasites du paludisme (sporozoïtes) dans son sang. Les sporozoïtes utilisent la circulation sanguine pour atteindre le foie, arrivent à maturité et infectent en fin de compte les globules rouges. Il n’existe pas encore une relation entre le paludisme et la consommation de la patate douce.

 Mythe 5 : Les feuilles de patate douce sont impropres à la consommation humaine.

Réalité 5 : Les feuilles de patate douce sont consommées dans de nombreuses régions d’Afrique par les humains. Elles sont riches en nutriments et en composés énergétiques, y compris les glucides complexes, les protéines, les acides aminés, les fibres alimentaires solubles et insolubles, les acides gras oméga-3, les vitamines (vitamine A, acide folique, vitamine C) et les sels minéraux (calcium, magnésium, phosphore), les antioxydants, et d’autres composés bioactifs. Les jeunes feuilles (de moins de trois mois) sont plus tendres et sont préférées aux feuilles matures. Pour en tirer le maximum d’avantages, ne pas trop laisser cuire les feuilles.

 Mythe 6 : La patate douce à chair orange (PDCO)  peut améliorer la vue et remédier à la cécité.

 Réalité 6 : Les enfants et les femmes enceintes qui ne trouvent pas assez de vitamine A dans leur régime alimentaire peuvent souffrir de cécité nocturne (difficulté ou incapacité à voir dans la pénombre, tôt le matin ou le soir). La provitamine A contenue dans la PDCO favorise une bonne vision et permet de prévenir les cas de maladie, mais ne peut pas remédier à la cécité une fois qu’elle est survenue.

 Mythe 7: La patate douce à chair orange (PDCO) est une culture génétiquement modifiée.

 Réalité 7 : La patate douce est une culture riche et diversifiée et toutes ses différentes couleurs de chair (blanche, crème, jaune, orange et violette) se trouvent dans la nature. La PDCO n’a pas été génétiquement modifiée dans le but d’augmenter sa teneur en provitamine A.

 Source : Centre national de recherche agronomique (CNRA)

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