Cameroun : Des solutions pour réguler l’usage des pesticides

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) a réuni le 07 novembre 2023 à Yaoundé les acteurs locaux de l’agriculture pour présenter les blocages et les alternatives à la régulation de l’usage des pesticides au Cameroun.

Mettre en évidence les différents obstacles et les leviers pouvant concourir à la réduction de l’usage des pesticides en agriculture au Cameroun est impératif pour une transition agroécologique efficiente. C’est à ce cadre que le CIRAD a réuni le 07 novembre dernier à Yaoundé, les entrepreneurs agricoles, responsables de l’homologation des pesticides, ministères sectoriels, vendeurs d’intrants et consommateurs. Il a été question de présenter l’état des lieux des risques liés à l’usage des pesticides et des verrous et leviers permettant d’activer des alternatives qui visent à répondre aux enjeux de productivité et modernisation de l’agriculture tropicale.
Selon Ludovic Temple du CIRAD, la nécessité d’augmenter les rendements agricoles pour assurer la sécurité alimentaire a favorisé une forte utilisation des pesticides depuis les années 2000 au Cameroun. Un accroissement qui interroge, au regard des coûts que ces pesticides génèrent sur l’environnement, la biodiversité et la santé des populations.

Verrous et leviers à l’usage des pesticides

« Pour sécuriser les rendements, les revenus et les pertes post-récolte, les décideurs accordent une place importante à la protection phytosanitaire à travers l’usage des pesticides chimiques », a noté Gérard De La Paix Bayiha du CIRAD. Il a relevé que les verrous de la régulation de l’utilisation des pesticides au Cameroun sont d’ordre institutionnel, économique, organisationnel et technique.
Les blocages économiques se situent à trois niveaux d’après Thiery Brunelle, économiste au CIRAD. Dans sa présentation, il relève qu’il n’y a pas une relation significative entre l’usage des pesticides et le prix des produits agricoles.
Les alternatives à la réduction de l’usage des pesticides en agriculture tropicale sont variées. La transition agroécologique peut être assurée grâce à l’émergence des bio-intrants et les moyens de lutte intégrée.
Dans le volet politique on note une dynamique de mise en place des textes en lien avec l’agriculture biologique. Mais la mise en œuvre est encore faible. Elle est davantage menée par des organisations de la société civile tels le Service d’Appui pour le Développement Rural (SAILD), le Centre Polyvalent de Formation (CPF) de Mbouo et le Groupement d’Appui pour le Développement Durable (GADD) de Dschang.
Sur le plan technique, Gérard De La Paix Bayiha a mis en lumière des alternatives de divers ordres : biopesticides, lutte intégrée, association culturale, mécanismes de financement de la transition agroécologique. Aussi, la synergie d’action entre le SAILD et l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) a permis aux deux structures de synthétiser différentes pratiques agroécologiques au Cameroun.

Magloire Biwolé Ondoua

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