Cameroun : Développer la foresterie urbaine pour réduire les catastrophes

Inondations, glissements et éboulements de terrain dus aux pluies excessives dans les grandes villes sont des afflictions causées par la mauvaise gestion des forêts en milieu urbain.

Les éboulements de terrain tuent chaque année au Cameroun. L’on s’en souvient du 8 octobre 2023, il était 19h20, suite aux fortes précipitations de ce jour, une digue cède sur les flancs du mont Mbankolo à Yaoundé. Emportant des vies humaines, 34 au total, des dizaines des maisons détruites et des pertes matériels inestimables. Aussitôt, la destruction de la forêt urbaine autour du mont Mbankolo a été pointée du doigt. Le 29 octobre 2019, une catastrophe similaire a endeuillé la ville de Bafoussam, avec plus de 40 morts, suite à des pluies torrentielles qui ont fragilisé un flanc de colline au quartier Gouatchie. À Douala, plusieurs habitations construites sur des pentes sont régulièrement inondés et menacés d’éboulement. Une situation qui confirme la nécessité de promouvoir et développer les forêts dans les villes.
Le Cameroun, avec son relief accidenté, son climat tropical et son urbanisation rapide, est particulièrement vulnérable aux éboulements de terrain. A Yaoundé comme à Douala, Bafoussam ou Limbé les quartiers construits sur des collines déboisées sont de plus en plus vulnérables. La vulgarisation forêts urbaines est mal connue, celles existantes sont mal protégées. Pourtant, les forêts urbaines mixtes associant arbres forestiers et fruitiers offrent une solution naturelle et efficace pour protéger les villes et nourrir les populations.

Barrière contre les catastrophes

Les zones boisées des villes et leurs périphéries présentent un large éventail de fonctions vitales telles que le stockage du carbone, l’élimination des polluants atmosphériques, l’alimentation, la sécurité énergétique et hydrique, la restauration des sols dégradés et la prévention des sécheresses et des inondations. Les forêts urbaines mixtes combinent protection des sols, production alimentaire, renforcement de la sécurité. Elles ne sont pas seulement des espaces verts, mais des barrières contre les catastrophes naturelles.
Planter les arbres dans les villes convient à sélectionner les essences qui sont adaptées au climat local, les mettre au bon endroit afin d’obtenir les meilleurs résultats. Certains experts préconisent même de planter les arbres avant de construire les villes, les forêts étant en quelque sorte le centre des villes du futur. Les autorités camerounaises gagneraient à adopter les forêts urbaines mixtes. Celles qui associent arbres forestiers et fruitiers offrent une solution naturelle et efficace pour protéger nos villes et nourrir nos populations.

Kévine Wézé,
Spécialiste en aménagement
forestier et faunique

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