Cameroun : Diagnostic des maladies aviaires, les vétérinaires renforcent leurs capacités

Des para-vétérinaires et vétérinaires de la région de l’Adamaoua ont suivi une formation organisée par le Projet Centres d’Innovations Vertes dans le Secteur agro-alimentaire (ProCISA) de la GIZ, sur les techniques d’observation clinique des maladies de la volaille.

La conduite d’une autopsie de la volaille et les techniques d’observations cliniques des maladies des poules, ont fait l’objet d’un séminaire de formation tenu au Centre de Recherche Agricole (CRA) de Wakwa par Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua.
La formation organisée les 27 et 28 septembre 2021 par le ProCISA a réuni quinze vétérinaires et para-vétérinaires autour de deux experts de International Veterinary Livestock Consultancy (InVeLCo), association internationale allemande spécialisée dans le conseil vétérinaire. La même formation a aussi été organisée dans la région de l’Ouest et fait suite à une première phase théorique organisée en ligne en avril 2021.

Autopsie
Au cours de la formation, les participants ont effectué le diagnostic rapide des maladies de la volaille à travers des examens cliniques et parasitologiques simples. Une autopsie effectuée sur une poule a permis de déceler l’état des poumons d’une volaille touchée par la maladie de Newcastle.
« Nous sommes désormais bien outillés pour réaliser de bons diagnostics sur les volailles et d’autres animaux d’élevage. Cela est d’un grand bénéfice pour les élevages dont nous assurons le suivi», déclare Dr Iliassou, promoteur de cabinet vétérinaire à Ngaoundéré.
« Cette formation fait suite à une étude effectuée en 2018 en collaboration avec l’Ordre National des Vétérinaires du Cameroun (ONVC), et qui recommandait la formation continue des vétérinaires publics et privés dans les régions du Nord-Ouest, de l’Ouest et de l’Adamaoua couvertes par le ProCISA», explique Guy Francis Kouyem de ProCISA Ngaoundéré.
Les professionnels de la santé animale ont aussi été formés aux techniques de prélèvement, de conservation et de transmission des échantillons à des laboratoires spécialisés tel que le Laboratoire National Vétérinaire (LANAVET).
L’insuffisance d’expertise des cabinets vétérinaires en zone rurale trouve en cette formation un bon début de solution.

Abbo Mohamadou

 

Des examens cliniques rapides et fiables
Dr Peter-Henning Clausen, formateur, InVeLCo.

 

Pourquoi faire une formation sur le diagnostic rapide des maladies de la volaille ?
 Nous avons été sollicité comme membre de InVeLCo et consultant auprès du ProCISA, pour apporter notre expertise au renforcement des capacités des vétérinaires camerounais. Dans l’Adamaoua, il y a de multiples prescriptions médicales effectuées sans diagnostic fiable, ainsi que la prescription et la vente incontrôlée des médicaments vétérinaires. Ces pratiques présentent des risques énormes sur l’élevage et conduisent à l’apparition de résistances. Les bactéries évoluent et provoquent des infections difficiles à traiter. Cela entraine une prolongation de la durée du traitement et la hausse de la mortalité. Au cours de la formation, nous avons effectué ensemble des nécropsies sur volailles pour que chaque participant soit en mesure de faire un bon diagnostic rapide et de prescrire le traitement approprié.

Quelles sont les maladies à fort taux de mortalité que vous avez décelées ?
La maladie de Newcastle est la plus virulente. Elle est très contagieuse. Son virus est transmis soit par contact direct avec des oiseaux infectés, soit par contact avec du matériel contaminé ou par l’air. La mesure la plus efficace contre cette maladie reste la prévention par la vaccination des poules, ainsi que le respect des mesures d’hygiène et de biosécurité.

 

Diagnostics de suspicion dépassés
Dr Hamadou, responsable de cabinets vétérinaires secondaires dans le Faro et Déo.

« Cette formation nous a apporté des aptitudes nouvelles qui nous permettent de mieux orienter les diagnostics et de proposer des traitements appropriés, fondés sur des résultats de laboratoires et non sur des symptômes. Nous pensons qu’avec ce renforcement des capacités, les diagnostics dits de suspicion auxquels font régulièrement recours les vétérinaires, laisseront place à un travail méticuleux garantissant des traitements efficaces».

 

Réduire la mortalité des cheptels
Dr Halimatou Kangué Ali, Chef service régional des services vétérinaires pour l’Adamaoua.

« Les connaissances acquises à cette formation de InVeLCo nous permettront d’améliorer la qualité de nos prestations. Les bons diagnostics aideront à lutter plus efficacement contre les maladies courantes et de réduire la mortalité des cheptels. Nous pourrons proposer de meilleurs traitements».

 

Propos recueillis par
Abbo Mohamadou

 

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