Cameroun : Journée internationale Une seule santé/One Health Hygiène et biosécurité pour protéger la ferme et le fermier

La 6ème édition de la journée internationale « Une seule santé », en anglais « One Health », qui se célèbre le 3 novembre 2021, est l’occasion pour la GIZ au Cameroun, à travers son Projet Centres d’Innovations vertes pour le Secteur Agro-alimentaire (ProCISA), de revisiter les enjeux et les défis des bonnes pratiques en élevage avicole, pour préserver la santé des animaux, des éleveurs et des consommateurs.

Le concept «Une seule santé» issu de l’approche «One World, One Health» ou «Un seul monde, une seule santé», aborde de manière intégrée les problèmes de santé humaine, animale et environnementale. Il promeut la biosécurité et est mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Problème des zoonoses

D’après la FAO: «60% des pathogènes humains sont d’origine animale». La pandémie du Covid-19 conforte cette réalité, avec un virus d’origine animale qui fait des ravages sur la santé humaine.

Des chercheurs camerounais travaillant pour la promotion de la chaine de valeur aviculture villageoise en collaboration avec le ProCISA, sensibilisent les fermiers sur les dangers des maladies transmissibles de l’animal à l’homme et vice versa, encore appelées zoonoses. Selon Pr Marc Kouam, parasitologue, plusieurs types de salmonelles présentes chez les poulets infectent les humains, provoquant de violentes coliques. Il rassure néanmoins que: «Les zoonoses peuvent être évitées par observance des mesures de biosécurité sur la chaine de production.»

« L’hygiène est particulièrement importante en aviculture : de l’incubation à la poussinière, en passant par les parcours, les bâtiments et le matériel d’élevage, sans oublier l’aliment. Il est indispensable de maintenir l’exploitation en état de salubrité capable de défier les agents pathogènes même les plus astucieux » renchérit Gabriel Tiogang.

En aviculture villageoise au Cameroun, les contacts entre les humains et les volailles sont très étroits. L’élevage du poulet villageois se fait presqu’à ciel ouvert. Pr Arouna Njayou Ngapagna, enseignant-chercheur, relève «l’intérêt pour les fermiers de disposer des cages et de pratiquer le zonage, en ayant une zone réservée au public et une autre pour l’élevage».

En cas de suspicion d’attaques de pathogènes, l’on recommande la mise en quarantaine des poulets, la désinfection des locaux et la vaccination.

Ces mesures contribuent à protéger la santé des animaux et des hommes qui les manipulent ainsi que leur environnement. Le concept «Une seule santé» y tire tout son sens.

 Marie Pauline Voufo

 

L’hygiène fait partie de la biosécurité
Pr Marc Kouam, parasitologue, département de zootechnie, Université de Dschang.

Qu’est-ce que l’hygiène et la biosécurité dans l’élevage ?

L’hygiène est incluse dans la biosécurité. C’est l’ensemble des mesures mises en œuvre pour assurer la salubrité de l’environnement de l’élevage: bâtiment, matériel, équipements et personnel.

La biosécurité est l’ensemble des pratiques managériales ou actions visant à empêcher l’introduction ou la propagation de l’agent pathogène ou microbe dans la ferme.

Empêcher son introduction veut dire veiller à ce que le microbe ne soit pas transporté de l’extérieur pour la ferme. Empêcher sa propagation signifie que s’il est entré dans la ferme, il faut veiller à ce qu’il ne parte pas d’un bâtiment à l’autre, ni de notre ferme à la ferme voisine. L’hygiène fait partie de ces mesures de biosécurité.

 Quels sont les enjeux et difficultés de la biosécurité dans les fermes avicoles au Cameroun?

Les défis sont divers. Ils sont au niveau financier et au niveau du comportement humain. Financier parce qu’il faut des moyens pour implémenter les mesures de biosécurité; par exemple, réaliser des désinfections ou vacciner les poules. En mettant des ressources financières à contribution pour respecter l’hygiène, on protège les cheptels et accroît la production.

Au niveau humain, il est important que les ouvriers et les patrons des fermes intègrent les enjeux de la biosécurité dans leur activité.

 

Nécessaire de former les opérateurs de l’élevage
Pr Arouna Njayou Ngapagna, enseignant-chercheur, Université des Montagnes.

« Le manque de formation des acteurs est un problème réel dans le secteur avicole au Cameroun. Beaucoup d’exploitations sont clandestines et ne répondent pas au cahier de charges de bonnes pratiques d’hygiène et du code de biosécurité. Le respect des mesures d’hygiène est nécessaire à la pérennité de l’aviculture villageoise. Le concept ‘‘Une seule santé’’ qui vise à renforcer les liens entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes doit être aussi appliquée en aviculture villageoise. Ce concept promeut les compétences managériales et techniques que chaque acteur gagnerait à acquérir pour accroître la rentabilité de son activité.»

 

Propos recueillis par Marie Pauline Voufo

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