Le MINADER et le SAILD mobilisent les acteurs du secteur pour poser les bases de la future Stratégie nationale de l’agroécologie.
Le jeudi 19 février 2026, l’hôtel DAJOLL de Mbankomo, dans le département de la Mefou-et-Akono, accueille un atelier de réflexion déterminant pour l’avenir de l’agroécologie au Cameroun. Réunis autour de la table, représentants des administrations sectorielles, chercheurs, universitaires, organisations paysannes, ONG et partenaires techniques et financiers tentent de s’accorder sur la structure et les axes majeurs de la future feuille de route de la Stratégie nationale de l’agroécologie.
Cette initiative est la concrétisation d’une dynamique enclenchée depuis plusieurs années. Alors que l’agriculture emploie une grande partie de la population active et contribue significativement au PIB, elle est aujourd’hui fragilisée par les caprices du climat : irrégularités des pluies, sécheresses dans les zones sahéliennes, dégradation des sols due à une intensification mal maîtrisée, et perte de biodiversité. Face à ce constat, l’agroécologie s’impose progressivement comme une réponse crédible et durable.
Nécessité d’une reconnaissance institutionnelle
La tenue de cet atelier fait suite à une étape clé : la signature, le 29 décembre 2023, d’une convention de collaboration (MoU) entre le MINADER et le SAILD. Cet accord visait déjà à promouvoir des pratiques durables et à intégrer l’agroécologie dans les politiques publiques. Depuis, des initiatives locales, portées par des réseaux comme le REPAC (Réseau pour la Promotion de l’Agroécologie au Cameroun) et diverses coopératives, ont prouvé l’efficacité de ces méthodes sur le terrain.
Mais pour passer de l’expérimentation locale à une politique d’envergure nationale, un cadre formel et structuré manquait. C’est pour combler ce vide que la feuille de route est aujourd’hui considérée comme une « nécessité ». Elle permettra d’orienter les politiques publiques, de mobiliser les ressources et de donner de la cohérence aux interventions de tous les acteurs.
Ce travail bénéficie de l’appui technique et stratégique du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC). Porté par la coopération allemande (GIZ) dans le cadre de son initiative spéciale « Transformation des systèmes agricoles et alimentaires » (SI AGER), le PCAC réunit cinq organisations locales (CIPCRE, GADD, CPF, SAILD et INADES-FORMATION) pour structurer la filière. C’est le SAILD, dans le cadre de la composante « plaidoyer » du projet, qui pilote cette concertation avec l’appui du REPAC.
Concrètement, l’atelier du 19 février a abouti à la création d’un groupe de travail multi-acteurs opérationnel dont la mission est de rédiger la feuille de route. Ce document définira les priorités, les échéances et les responsabilités de chacun pour faire de l’agroécologie un véritable levier de développement rural.
Jean Kana

