Avec l’appui de la Confédération Allemande des Coopératives et Raiffeisen, en abrégé DGRV, les acteurs du secteur coopératif au Cameroun se sont réunis à Yaoundé à l’occasion de la journée internationale des coopératives célébrée le 6 juillet 2024, pour échanger sur le devenir de leur secteur.
Placée sous le thème « les coopératives construisent un avenir meilleur pour tous », la journée internationale des coopératives-JIC 2024 a été l’occasion pour les coopératives camerounaises de mener une réflexion profonde pour un avenir durable.
Vendredi 5 juillet dernier, veille de la date officielle de la JIC 2024, un atelier présidé par Dr Corrina Fricke, Ambassadrice de l’Allemagne au Cameroun, en présence des experts et des responsables des coopératives et organisations de producteurs, a présenté le dynamisme du mouvement coopératif dans le monde, à l’instar de la DGRV en Allemagne et sa riche expérience.
« Le secteur coopératif en Allemagne compte 7000 coopératives enregistrées. Il compte 900.000 employés et touche plus de 23 millions de personnes, soit le 1/4 de la population Allemande» a relevé Holger Grimm, Directeur de la DGRV au Cameroun et au Bénin.
Enorme potentiel local
Les projets réalisés par la DGRV contribuent à l’atteinte de cinq objectifs de développement durables: ODD 1, 2, 5, 8 et 10 qui visent respectivement : l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes dans le monde; la lutte contre la faim et la malnutrition ; l’égalité entre les hommes et les femmes ; l’accès aux emplois décents pour tous et la réduction des inégalités entre les pays et en leur sein.
L’atelier de Yaoundé modéré par Dr Willy Tadjudje, enseignant-chercheur et expert du secteur coopératif, a présenté plusieurs communications suivies des échanges avec l’auditoire. L’exposé sur la législation et les performances des coopératives a souligné l’énorme potentiel non encore exploité des coopératives au Cameroun et recommandé à celles-ci d’innover dans leurs services pour pouvoir décoller véritablement.
La problématique des coopératives financières a été abordée par Dr Justin Bomda, Directeur Général des Mutuelles Financières de Développement (MUFID Union) Il a présenté les partenariats à construire entre coopératives.
Gérardine Sonkoué, Directrice Exécutive de la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun (CONAPROCAM) a apporté la touche sur le genre, en insistant sur la contribution des femmes au rehaussement de la gouvernance dans les coopératives.
Les perspectives de développement des coopératives au Cameroun dans le système agricole décortiquées par Georges Ngolle Ebong, expert en structuration des organisations, ont permis de comprendre la différence entre les vraies et les fausses coopératives. L’expert a présenté le rôle d’une vraie coopérative dans la création des interprofessions.
Irénée Modeste Bidima
Pour une synergie entre les coopératives financières et agricoles
Dr Justin Bomda, Directeur Général de MUFID Union.
« Il faut prendre le temps de construire un système financier et intégré qui tire l’essentiel de ses ressources au niveau local. Une bonne synergie entre les coopératives financières et les coopératives agricoles permet d’assurer leurs performances financières et économiques. »
L’idéal est d’avoir des coopératives mixtes
Gérardine Sonkoué, Directrice Exécutive de la CONAPROCAM.
« L’insertion des femmes dans les instances décisionnelles des coopératives peut avoir un impact favorable sur le secteur coopératif. L’idéal est d’avoir des coopératives mixtes où il y a les hommes et les femmes.»
DGRV appuie les coopératives dans 30 pays
Holger Grimm, Directeur DGRV
Au Cameroun, la DGRV accompagne le secteur coopératif depuis 2021, en partenariat avec MUFID Union. Deux initiatives sont mises en valeur dans ce partenariat.
1- Le projet de financement agricole en Afrique (2021-2023) : Mis en œuvre au Cameroun et au Bénin, ce projet financé par le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Economique et du Développement (BMZ), a contribué au renforcement des structures coopératives et facilité l’accès aux produits de financement agricole, en particulier pour les populations rurales.
2- Le projet de promotion des structures coopératives (2024-2026) : En abrégé CoopSAC II, ce projet qui couvre le Cameroun, le Bénin, le Kenya, la Tunisie et l’Ouganda entend renforcer les coopératives sur le plan institutionnel et structurel, ainsi que sur l’amélioration de leurs services aux membres. II espère voir les institutions publiques élaborer les lois en tenant compte du secteur coopératif.

