Christian Belinga Olomo, Responsable technique, direction de l’évaluation de la Conformité ANOR.
Pourquoi une norme pour le beurre de cacao ?
L’ANOR a élaboré une norme camerounaise pour la fabrication du beurre de cacao parce qu’il s’agit d’un produit local, afin de valoriser la production et permettre à nos artisans de pouvoir s’implanter sur le marché camerounais et sous régional avec un produit naturel fabriqué sans apport chimique. L’ANOR contribue ainsi à la valorisation de ce produit, permet aussi à nos artisans de se positionner et pouvoir concurrencer d’autres produits naturels sur le marché international, et participer aussi au bien-être des populations.
Quelle est norme sur le beurre de cacao ?
La norme applicable sur le beurre de cacao est la norme NC 260 :2013 qui est entrée en vigueur en 2014. Elle est applicable à tous les artisans et producteurs qui souhaitent mettre ce type de produit sur le marché. Et pour l’ANOR, tout produit ayant une norme qui est mis sur le marché doit avoir un certificat de conformité.
Y-a-t-il des grandes lignes cette norme ?
En ce qui concerne le beurre de cacao, les exigences à respecter sont de trois (03) ordres :
– Les caractéristiques physico-chimiques telles que la teneur en acides gras libres (exprimée en acide oléique) qui doit être moins de 1,75 % m/m. et les matières insaponifiables, moins de 0,7 % m/m (sauf dans le cas du beurre de cacao de pression où la teneur est moins de 0,35 % m/m). On ne doit trouver aucun additif alimentaire sur ce produit, en dehors de l’hexane dont la limite maximale doit être de 1 mg/kg à l’exception du beurre de cacao de pression.
– Les caractéristiques microbiologiques La microbiologie doit être totalement absente du beurre de cacao. L’ANOR a aussi un regard particulier sur les fèves de cacao, qui sont les matières premières. Elles doivent avoir être bien séchées et ne doivent pas développer de la moisissure
– Les Bonnes Pratiques d’Hygiène qui doivent mises en place par l’artisan et qui permettront qu’on ne retrouve aucun composant microbiologique qui pourrait contaminer le produit et porter atteinte à la santé des consommateurs. On vérifie aussi comment le produit est stocké dans l’entrepôt. On s’assure que le cacao a été produit selon les bonnes pratiques agricoles, etc.
Que fait l’ANOR pendant les missions d’audit-inspection ?
Nous passons au crible la présence de certains mécanismes comme les programmes de nettoyage par produit, par équipement et par zone. il faudrait se rassure aussi de l’existence de certaines zones de travail appropriées et biens précises pour permettre que le produit soit transformé dans un environnement sain tels que : les zones de stockage de matière première ; la zone de production bien aérée et dégagée ; l’existence des zones tampons, pour s’assurer du respect du principe de marche en avant pour ne pas créer des contaminations croisées (contaminations physiques, chimiques ou microbiologiques) ; la zone de stockage du produit fini ; et pour s’assurer de la disponibilité des équipements de protection individuels (EPI) pour les opérateurs pour se protéger de tout danger éventuel et pour ne pas contaminer le produit ; mettre en place des dispositifs de lave-main à chaque étape, à l’entrée de chaque zone. De s’assurer que l’opérateur lui-même est en état hygiénique pour pouvoir fabriquer le produit. On doit également observer des dispositions de bonnes pratiques d’hygiène, et se rassurer que le produit qu’on a obtenue à la fin est conforme sur le plan des analyses et prêt à être utilisé ou consommé.
Comment faites-vous pour prélever les échantillons ?
Nous prenons des échantillons de manière aléatoire, ce n’est pas l’opérateur qui nous les fournit. Nous allons dans son unité de stockage, nous observons les modes de stockage de ses produits. En voyant comment il stock son produit, nous pouvons savoir s’il y a risque de contamination ou pas. Nous pouvons prélever un seul numéro de lot pris sur différentes rangées, ou plusieurs numéros de lot en fonction de la quantité dont le laboratoire a besoin. Nous prélevons donc le produit, et nous le ramenons à l’ANOR, une partie est expédié au laboratoire partenaire à l’ANOR qui va donc effectuer les analyses physico-chimiques et les analyses microbiologiques dont les paramètres sont définis par la norme. Pour la partie restée à l’ANOR, nous allons procéder à l’inspection des étiquettes pour se rassurer qu’il n’y a pas des informations contradictoires par rapport au produit.
Que fait l’ANOR en cas de non-conformité constatée ?
L’ANOR a l’obligation de notifier l’entreprise, pour informer sur le point ou le critère qu’il doit améliorer.
– En cas de non-conformité liée au produit, une seconde analyse du paramètre non conforme est réalisée et en cas de résultat satisfaisant l’ANOR attribue le certificat de conformité
– En cas de non-conformité liée à l’étiquette, le fabricant doit corriger la mention manquante ou mal intitulée et apporter la preuve d’une étiquette corrigée et si elle est conforme l’ANOR attribue le certificat de conformité
– En cas de non-conformité lié à l’unité de production, le producteur doit fournir les preuves de la mise en œuvre de la correction de la non-conformité identifiée dans une zone ou sur un équipement. Nous revenons à la prochaine évaluation de suivi pour vérifier que les corrections ont été apportées et de la maitrise de l’activité.

