Cameroun : La santé des poules passe par le respect de la biosécurité

Pour la formation des éleveurs de poulet villageois sur la pratique de la biosécurité en élevage, le projet ProCISA a mis à contribution l’expertise des cabinets vétérinaires locaux.

La connexion des professionnels de la santé animale aux petits aviculteurs dans les régions de l’Adamaoua et de l’Ouest où intervient le Projet Centres d’Innovations vertes pour le Secteur Agro-Alimentaire (ProCISA) de la GIZ, a fini par familiariser les éleveurs de poules du village avec les services vétérinaires.

« En travaillant avec le vétérinaire, j’ai appris à faire le diagnostic des maladies, la vaccination, les soins et l’entretien des poules. J’ai compris l’importance d’avoir un bâtiment pour les poules du village » déclare Junior Nchankou, agriculteur et éleveur à Foumbot.

Grâce aux multiples formations et appuis du ProCISA, l’élevage du poulet villageois a gagné en importance chez les acteurs de la chaîne de valeur avicole.

Au cœur des formations développées par ce projet de la Coopération allemande au Cameroun, se trouve la biosécurité. A travers le manuel édité sur le sujet par le ProCISA, les formateurs appellent au respect des consignes d’isolement, de contrôle du trafic et d’hygiène de la ferme.

Les vétérinaires formés répliquent la formation à leurs clients éleveurs dans leurs localités. Les cabinets vétérinaires sont ainsi impliqués dans la lutte contre l’apparition et la propagation des maladies aviaires, telle que la maladie de Newcastle.

Au Cameroun, le ProCISA recense au total trente cabinets vétérinaires installés grâce à son appui. En 2022, dix nouveaux cabinets ont été ouverts et équipés en frigos et panneaux solaires.

En plus d’assurer la vaccination des poules, ces cabinets sont des conseillers en biosécurité des fermes. Ils jouent un rôle important dans le développement de l’aviculture villageoise.

Marie Pauline Voufo

 

En respectant l’hygiène, on fait des économies
Ulrich Donald Ngambia Sandjon, Docteur vétérinaire, CASAVET, Foumbot.

Quels types d’appuis avez-vous déjà reçu du ProCISA en tant que responsable de cabinet vétérinaire ?
Nous avons reçu des formations sur la gestion de la maladie de Newcastle et sur la biosécurité. Nous avons aussi bénéficié du matériel frigorifique avec panneaux solaires, des carboglaces, des glacières pour la conservation des vaccins et des gilets pour l’organisation des campagnes de vaccination contre la maladie de Newcastle.

En matière de biosécurité, quelles mesures recommandez-vous aux éleveurs qui sont vos clients ?
Nous leur demandons de désinfecter les locaux d’élevage en moyenne une fois par mois, changer de tenue après retour de l’extérieur, disposer d’un pédiluve à l’entrée de la ferme ainsi que des babouches pour travailler à l’intérieur de la ferme. Afin d’éviter de potentielles contaminations, ne pas acheter les sujets malades pour les amener à la ferme. Le respect de ces consignes de biosécurité limite l’utilisation anarchique des médicaments et la diffusion des germes infectieux dans l’élevage. La biosécurité permet à l’éleveur d’éviter des pertes de sujets et ainsi de faire des économies.

 

Le nettoyage de la ferme est quotidien
Junior Nchankou, agriculteur et éleveur des poules du village à Foumbot.

J’ai actuellement une trentaine de poulets villageois dont je ne connais pas la race, mais que j’élève avec soin. Je suis en contact avec un vétérinaire. La formation que j’ai reçue par ProCISA m’a permis d’évoluer dans ma manière d’élever les poules du village. J’ai maintenant un habillement approprié pour la ferme constitué d’une blouse, des bottes et des gants.

Pour préserver mon cheptel, j’ai aménagé un bâtiment dans lequel les poules sont à l’abri de toutes sources extérieures de maladie, tels que les oiseaux sauvages ou les rongeurs.  Il y a un pédiluve à l’entrée du bâtiment. Le bâtiment lui-même et ses alentours sont nettoyés quotidiennement.

Propos recueillis par
Marie Pauline Voufo

 

Les consignes de biosécurité

La biosécurité repose sur trois grands piliers : l’isolement, le contrôle du trafic, et l’hygiène.  Le respect des consignes de biosécurité réduit le risque d’apporter les maladies aux poules, de les propager dans l’exploitation et dans le voisinage.

– L’isolement

Les maladies pénètrent dans le poulailler principalement de l’extérieur. L’isolement spatial est obtenu par une clôture, un poulailler bien fermé, une restriction d’accès à la zone des poulets. En isolement temporel, les poulets ont accès à l’extérieur à un moment différent des autres animaux de la ferme. Il y a des maladies comme la grippe aviaire que les poulets et les canards peuvent contracter, mais qui ne rendent malades que les poulets. Il faut garder les poulets et les canards séparément.

 – Le contrôle du trafic

Il faut limiter l’entrée et les déplacements des personnes, des animaux et des matériaux dans la ferme. Garder les animaux malades en observation dans un lieu à part, de même que les animaux nouvellement achetés pendant au moins 15 jours avant de les introduire dans le poulailler.

– L’hygiène

Se laver les mains avec de l’eau et du savon avant et après l’entrée au poulailler. Il faut nettoyer régulièrement le matériel d’élevage : abreuvoirs et mangeoires. Le poulailler doit être aussi nettoyé minutieusement et désinfecté. En cas de mortalité, ramasser les poulets morts et les enterrer loin de la ferme et consulter un vétérinaire.

Source : Biosécurité et hygiène en élevage de poulets villageois
(ProCISA-Août 2022)

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2 thoughts on “Cameroun : La santé des poules passe par le respect de la biosécurité

  1. Je très ravie de la qualité de la communication que vous faites pour sensibiliser les éleveurs. Cela permet au un et aux autres de faire de meilleures prévention et réussite dans leur exploitation

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