Cameroun : L’interprofession aquacole installe son bureau régional du Centre

L’Organisation Interprofessionnelle pour le Développement de l’Aquaculture au Cameroun (OIDAC) a procédé à l’installation de son tout premier bureau pour la région du Centre, le 19 mars 2024 à Yaoundé. Son objectif est d’accroître la production et l’accessibilité du poisson local.

Le jeune Rodrigue Anoutsa, nouveau président de l’OIDAC pour le Centre et son équipe, tous des passionnés et praticiens des métiers aquacoles ont du pain sur la planche. Les consommateurs camerounais et particulièrement ceux de la cité capitale, veulent du bon poisson local, à bon prix. Ce n’est pas encore le cas en mars 2024.

En installant le bureau régional du Centre, le tout premier des 10 régions du Cameroun, Jeanne Etoundi, pionnière de la pisciculture et présidente nationale de l’OIDAC a été claire: «L’interprofession doit travailler pour rabaisser le prix du poisson à moins de 1500 FCFA le kg. Pour l’instant le kg des silures élevées localement se vend à 2500 FCFA, c’est trop cher pour les consommateurs locaux!»

Réduire le prix du poisson local

Le défi est grand pour Rodrigue Anoutsa et ses deux vice-présidents dans le Centre. «Si le coût de l’aliment est réduit, celui du poisson le sera aussi. La cherté des intrants d’élevage et particulièrement des aliments importés est une grosse contrainte qui pèse sur le prix des poissons. Nous allons encourager la production locale de l’aliment pour que ça revienne moins cher aux éleveurs» confie le nouveau président régional de l’OIDAC.

La première gageure pour le bureau de l’OIDAC au Centre, tout comme dans d’autres régions qui vont se mettre en place, sera de copter de vrais pisciculteurs comme membres. L’OIDAC qui a vu le jour grâce à la nouvelle loi sur les interprofessions de décembre 2021, entend travailler avec des membres qui sont des professionnels du métier, ayant des exploitations aquacoles visibles sur le terrain. Le bureau régional du Centre et ses démembrements départementaux dont les représentants étaient présents le 19 mars 2024 à Yaoundé, ont pour mandat d’inspecter ceux qui demandent leur adhésion avant de les admettre dans l’interprofession.

Pour le Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), est reconnu comme pisciculteur professionnel, celui qui produit au moins 2 tonnes de poissons par mois et tire l’essentiel de ses revenus de cette activité. C’est le contraire des non professionnels qui se débrouillent en pisciculture comme activité accessoire.

Appui du MINEPIA

L’interprofession aquacole veut décupler la production des poissons pour satisfaire le marché local et frontalier qui s’offre aux pisciculteurs camerounais. Le MINEPIA n’en demande pas plus que cela et promet son appui pendant au moins 3 ans aux opérateurs en activité, afin de permettre à la filière piscicole locale de se développer. Cet appui est déjà effectif avec la forte taxation du poisson et des aliments importés, ainsi que l’importation des équipements d’élevage à taux zéro à la douane. Des autorisations sont disponibles pour les opérateurs qui souhaitent ouvrir des poissonneries pour distribuer le poisson local.

«Pour réussir l’objectif de l’import-substitution dans le secteur du poisson, il faut une interprofession aquacole active et performante» déclare Christelle Tampono Idedou, Chef service régional des pêches, aquaculture et industries halieutiques pour le Centre, représentante du MINEPIA à la cérémonie d’installation du bureau régional de l’OIDAC.

Bien se structurer permet à l’interprofession d’être efficace. L’OIDAC a 4 collèges de membres ou maillons: (1) les producteurs de poissons, d’alevins et de géniteurs; (2) les  transformateurs de poissons; (3) les  producteurs et distributeurs d’aliments de poissons et (4)  les distributeurs ou vendeurs de poissons. D’après la présidente nationale: «Il n’est pas permis de s’inscrire dans plusieurs maillons. Un métier où tout le monde fait tout n’est pas sérieux. Nous encourageons la professionnalisation véritable dans l’OIDAC. Chacun doit développer à fond son maillon pour permettre à la chaîne de valeur de fonctionner.»

Il revient au bureau du Centre d’implémenter en premier ces exigences martelées par la présidente nationale de l’OIDAC. Pour elle, la réussite du Centre impactera positivement les autres branches de  l’interprofession aquacole dans les 10 régions du Cameroun.

Marie Pauline Voufo

Il faut produire l’aliment local
Rodrigue Anoutsa, président de l’OIDAC pour le Centre.

« Nous allons travailler pour que le kg du poisson local passe de 2500 FCFA, à au maximum à 1500 FCFA au détail et 1300 FCFA au prix de gros.

Cela passe par la production intensive de l’aliment Premium de poisson qui est pour l’instant importé et coûte en moyenne 1500 FCFA le kg. Or l’aliment compte pour près de 70% dans le coût de production du poisson. En produisant localement l’aliment Premium, son prix peut être ramené environ à 800 FCFA le kg.»

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