Cameroun : « Méfiez-vous du Brésil, gros fournisseur de poulets congelés en Afrique centrale »

Louis-Marie Kakdeu, enseignant-chercheur, chargé des études et projets à l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC).

L’ACDIC était dans son rôle de lanceur d’alerte après publication de la lettre signée du ministre de l’élevage le 22 mars 2021, deux jours après les obsèques de Bernard Njonga, président de l’ACDIC et grand défenseur de la filière avicole nationale, lettre autorisant l’importation de produits aviaires du Brésil, vaguement sans autres précisions des produits.
En tirant la sonnette d’alarme, nous voulions que l’ambiguïté soit levée sur les notions de produits et sous-produits aviaires indexés dans cette lettre. Il faut se méfier du Brésil qui reste encore l’un des plus gros fournisseurs de poulets congelés en Afrique centrale.
Nous sommes satisfaits, mais partiellement. Car la précision qu’il ne s’agit pas d’importation de poulets congelés n’a pas été apportée de façon formelle mais, à travers la presse et autres réunions dites de haut niveau. Or, vous savez que l’administration est écrite. A notre connaissance, on n’a écrit nulle part qu’il s’agit uniquement des poussins d’un jour et des œufs à couver. Ce n’est pas de bouche qu’il faut dire ces choses.
Nous avons entendu l’appel du président de l’Interprofession avicole du Cameroun de ne pas alimenter la polémique. Nous disons qu’il faudrait que les décisions publiques soient plus claires, notamment en ce qui concerne notre souveraineté alimentaire.
Nous sommes contents d’avoir une fois de plus porté cette cause. Tout le monde a compris les enjeux de promouvoir et de protéger la production locale. Il n’y aura pas d’industrie locale sans matière première.
En l’état, le Cameroun dépend en majorité de l’étranger en ce qui concerne les intrants. Il faut inverser la tendance parce que la pénurie actuelle des poussins suppose qu’un problème dans les pays fournisseurs nous impacterait directement. C’est d’ailleurs le cas présentement avec les problèmes de fermeture de frontières due au Covid-19 et à l’épizootie de grippe aviaire dans certains pays européens.
Nous sommes obligés de penser local et promouvoir la production locale des matières premières afin d’assurer notre autonomie et notre sécurité alimentaire. Même le gouvernement semble prendre position en notre faveur et c’est positif pour la suite.

Propos recueillis par Marie Pauline Voufo

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