Mesures anti Covid19 : Des appuis du ProCISA pour soutenir les petits aviculteurs de l’Adamaoua et de l’Ouest

Poussins villageois préchauffés et aliments pour les nourrir pendant cinq à six mois. Tel est le kit de soutien de GIZ-ProCISA à la résilience des éleveurs de poulets villageois de l’Adamaoua et de l’Ouest ayant perdu leurs cheptels pendant la crise du Covid-19.

Pour appuyer le Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) dans la gestion de la pandémie liée au Covid-19 et dans le souci d’améliorer la disponibilité des poussins locaux dans la chaîne de valeur aviculture familiale, la Coopération allemande (GIZ) à travers son Projet Centres d’Innovations vertes pour le Secteur Agro-alimentaire (ProCISA) a apporté des appuis directs aux petits aviculteurs des régions de l’Adamaoua et de l’Ouest dont l’activité a été sérieusement fragilisée par les conséquences néfastes du Coronavirus.

Poussins préchauffés et provende

Dans sa petite ferme de Rep-Yanga à 5 km au nord de Ngaoundéré, le jeune Abdourahmane Saliou se désole d’avoir des bâtiments vides. Les poulets de chair qu’il y élevait depuis 2018 n’existent plus. La dernière vague est sortie en début 2020. Il n’y a plus de ravitaillement en poussins d’un jour depuis le confinement décrété par le gouvernement le 17 mars 2020. «Trop de ruptures dans le poulet de chair» déplore Abdourahmane Saliou.
Il s’est décidé à diversifier son activité en élevant des lapins et des poulets villageois après une formation organisée par ProCISA en 2019.

Tout allait bien pour ses poules qu’il comptait entretenir pour la reproduction. Mais la forte demande des consommateurs de poulets en période de confinement a entamé le cheptel déjà modeste.
Accueillir 30 poussins préchauffés et vaccinés de presque 2 mois d’âge en décembre 2020 dans le cadre des appuis anti Covid-19 du ProCISA, a été pour Saliou une grosse bouée de sauvetage. Il les élève minutieusement dans l’optique de reconstituer son noyau de reproducteurs en vue d’agrandir son cheptel.

Marie Pauline Voufo

 

Aïssatou Garba, éleveuse dans l’âme

Elle est connue à Mbamyanga comme la mère des poules pantalonnées. La réputation d’Aïssatou Garba à Ngaoundéré est confirmée
par son
cheptel qui a résisté à la grippe aviaire et aux effets du Coronavirus.

Sa ferme a quelque chose de spécifique. De petits bâtiments éloignés les uns des autres ceinturés par une haie vive où on dénombre l’acacia et le neemier. Au centre, une grande cour qui tient lieu d’espace d’élevage à ciel ouvert pour le divertissement des poules quand elles sont relâchées en après-midi.
« Les feuilles de neem sont antibiotiques et les feuilles d’acacias sont anti diarrhéiques. Vous ne pouvez pas voir les feuilles de ces arbres trainer au sol. Dès qu’elles tombent, les poules les picorent. Ça les soigne» affirme Aïssatou Garba.
Dans l’Adamaoua où l’élevage avicole dépend essentiellement d’intrants médicaux venus d’autres régions, notamment du Littoral et de l’Ouest du Cameroun, la réduction des déplacements en période de Covid-19, combinée à l’interdiction des mouvements d’animaux et de produits d’élevage, a très négativement influé sur les activités d’élevage.

Poules pantalonnées

Aïssatou Garba déclare avoir progressivement réduit son élevage de poulets de chair à cause de la rareté des poussins et des produits d’entretien, pour se consacrer au développement de sa ferme de pantalonnées. Sa ferme fut lancée suite à sa rencontre avec un éleveur de Tello l’ayant marquée lors d’un voyage de découverte organisé par ProCISA dans le cadre de la Journée internationale de femme en 2019.
Depuis lors, elle s’accroche pour ressembler à son mentor. Une crise de grippe aviaire est passée ainsi que la pandémie du Coronavirus. Elle tient bon. Le récent appui en poussins et provende du ProCISA Adamaoua vient encore nourrir sa passion d’éleveuse dans l’âme.

MPV

 

Au total 200 éleveurs bénéficiaires

Guy Francis Kouyem, ProCISA Adamaoua

Pendant la période de confinement dû au Covid-19, le poulet de chair qui venait du sud Cameroun était absent sur les marchés de l’Adamaoua. Les consommateurs se sont déversés sur le poulet villageois. La capacité de production des éleveurs étant faible, les fermes villageoises ont été très vite débordées et vidées.
Face à cette fracture, ProCISA a pris l’option d’amener les petits fermiers à se relancer en reconstituant leurs cheptels par un apport en provende et en poussins préchauffés ayant reçu tous les vaccins requis, notamment contre la variole, la maladie de Newcastle, le choléra aviaire et la bronchite aviaire.
Au total 6.000 poussins et 30.000 kg de provende seront distribués à 200 bénéficiaires pour soutenir la résilience des éleveurs dans les régions de l’Adamaoua et de l’Ouest du Cameroun.

Propos recueillis par
Marie Pauline Voufo

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Une réflexion sur “Mesures anti Covid19 : Des appuis du ProCISA pour soutenir les petits aviculteurs de l’Adamaoua et de l’Ouest

  1. Bonjour moi c’est CLAUVIS KEPSEU MBANZEHE. Je pratique également le petit élevage des poulets pantalons dans la région de l’adamaoua précisément dans l’arrondissement de bankim à la frontière avec l’Ouest. Je désire bénéficier de votre appuis. Et aimerai savoir comment procéder. Merci

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