Cameroun : Nathalie Ladem, symbole d’un amour ardent pour l’artemisia

Cadre à la Cameroon Radio Televison, cette quadragénaire a fait de son thé d’artemisia un véritable label en moins de 2 ans sur le plan national. Tél : 691 473 718

Un gazon tondu et des tiges de roses scintillent dès l’ouverture d’un portail aux allures féeriques. Face aux feuilles d’eucalyptus, une tige de moringa tutoie le ciel telle une tour de garde. La fraicheur matinale associée aux chants d’oiseaux vous replonge dans la campagne. Pas de klaxons, ni d’odeur de carburant à 2km du «dispensaire Messassi». La rosée laisse place au pétrichor. Il est 7h et le soleil se lève à Nyom au lieu-dit Maetur. Dans ce décor, Nathalie Ladem s’active à l’entretien de ses plants d’artemisia depuis une demi-heure. «J’aime prendre soin de mes plantes avant le lever du soleil», confie-t-elle toute en sueur.

L’artemisia est plus qu’une passion
«La grâce matinée», elle ne la fait plus depuis 2 ans. Toutes les journées de Nathalie démarrent sur deux activités. Accomplir son devoir de mère au foyer et s’occuper de ses jardins d’artemisia. «La culture de l’artemisia est plus qu’une passion. C’est ma raison d’être après ma famille».

Accompagnée de ses employés, Nathalie patrouille dans ses quatre sites de culture.
Premier arrêt, le germoir. Ici, les bacs de germination sont placés à l’abri du soleil à l’arrière de la concession. C’est l’occasion pour la productrice d’évaluer la productivité de sa semence. «Nous disposons des germoirs d’une, deux, quatre et six semaines. Ce sont ces derniers que nous allons replanter un par un dans des sachets», précise-t-elle. Ainsi, le chef d’équipe invite l’un de ses collaborateurs à préparer les sachets qui porteront les plants jusqu’à la mise en champ. Ce dernier s’exécute.

Le téléphone de la productrice crépite, il s’agit d’une commande d’une centaine de plants. Rien de mieux pour booster le moral des troupes.

Deuxième halte, la pépinière. Nathalie consulte chaque plant du regard. Composée de près de 5.000 plants, la pépinière «se porte plutôt bien». Celle-ci profite pour nettoyer chaque pot. La mauvaise herbe s’arrache. «L’artemisia n’aime pas la concurrence. C’est pourquoi, l’entretien est de mise», confie-t-elle.
Second appel, une commande de thé. «Nous vous livrons cet après-midi !», peut-on entendre.

Priorité à l’entretien du site
Après l’entretien, place à l’amendement. Les coques de café qui sont introduites dans les pots deux fois par semaines pour enrichir la plante.
Nathalie descend par la suite dans ses jardins d’artemisia. Vêtue d’un jogging enfilé dans de bottes, la quadragénaire brave les gouttes de pluies qui s’abattent sur le site. Direction, les 1000m2 qui précédente sa résidence. L’heure est au sarclage. L’on peut apercevoir les plants d’artemisia Annua de 10 à 15 cm qui se dressent. Nathalie se déporte sans plus tarder dans le jardin expérimental d’artemisia Afra, variété dite africaine. Contrairement à l’Annua, variété d’origine chinoise, les plants d’artemisia Afra bénéficient de tuteur pour mieux croître. Dès lors, certains plants se verront rallier à leur tuteur par le biais d’une corde.
Dernier arrêt, la récolte. Nathalie et ses quatre employés récoltent 2 cuvettes d’artemisia annua. «Il est question à présent de découper les tiges, broyer, sécher avant d’ensacher».

L’artemisia, une alternative au traitement du paludisme
Nathalie Ladem, à travers son organisation baptisée Santé Sans frontière a développé son propre circuit de commercialisation. «Santé Sans frontière propose des formations aux producteurs sur la culture et la transformation de l’artemisia. Par la suite, nous rachetons toutes leurs récoltes et nous nous chargeons de la commercialisation».
En effet, de par ses nombreuses participations aux foires, salons et festivals, cette communicatrice de formation, option publicité s’est faite un nom et son thé d’artemisia un label.
Son organisation dispose de plusieurs points de vente à Yaoundé et Douala. Conditionné en cure de 7 jours pour une, trois et sept personnes, le thé artemisia by Santé Sans Frontière s’impose sur la scène locale. En vente en lot de 10.000, 5.000 et 2.500F, le thé d’artemisia est une alternative au traitement du paludisme.

Sonia Omboudou

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Une réflexion sur “Cameroun : Nathalie Ladem, symbole d’un amour ardent pour l’artemisia

  1. Très intéressant dans la mesure où les études réalisées par plusieurs médecins attestent de l’efficacité de ce thé à base d’ artémésia, n’en déplaise certaines firmes pharmaceutiques. Une plus grande production et commercialisation baisseraient considérablement le taux de mortalité lié au paludisme dans les différentes régions de notre Pays. Et pourquoi ne pas envisager d’ex-tendre la commercialisation dans la sous-région Afrique centrale ?

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