Cameroun : Produire le charbon de bois n’est pas un sot métier

Elie Essa Ekouda, producteur de charbon, estime qu’il est parmi ceux qui comptent à Yaoundé. Il ravitaille le marché de la capitale en charbon.

Il n’a pas eu la possibilité de faire de longues études, ni à postuler à un emploi contractuel. Sachant que les portes de la fonction publique ne lui étaient pas accessibles, il a embrassé le secteur privé, en s’auto-employant.
Elie Essa Ekouda a pour métier, producteur du charbon de bois à Soa dans la Mefou et Afamba.
« Je suis charbonnier depuis 2012, marié et père de trois enfants et je ne vis pas à crédit. Cette activité nourrit ma famille» affirme-t-il sans mâcher ses mots.
Ancien apprenant de génie civil, il déclare avoir été tellement abusé dans les chantiers de construction des bâtiments de Yaoundé. Il a préféré changer d’activité pour exercer une dans laquelle il contrôle lui-même son temps, les entrées et sorties des ressources.

Le producteur de charbon est maître de son temps
« Depuis que je suis installé à mon propre compte, je suis maître de mon temps», dit-il. Le jour où il doit produire le charbon, Essa Ekouda affirme sortir de la maison tôt le matin à 5h, pour rentrer dans la nuit. En effet, avant de retourner à la maison, il faut s’assurer que le four ne court pas le risque de provoquer un incendie dans le champ.

L’activité se déroule dans les cacaoyères en création. Pour aérer le champ, les arbres abattus sont tronçonnés et entassés dans un coin, puis recouverts de terre en laissant un creux au milieu. C’est par là qu’est allumé le feu. Après que le feu ait pris, le charbonnier rebouche délicatement le creux et s’en va, laissant derrière lui un gigantesque four de bois à feu étouffé. Le charbon est prêt à partir de 4 jours d’incandescence. Elie Essa Ekouda s’amène avec des récipients d’eau pour éteindre le feu. Dès le 6ème jour, la récolte du charbon peut commencer. Elle se fait en cassant progressivement le mur du brasier.

« Dans un four de 3 mètres de long, je peux sortir près de 30 sacs de 100 kg de cossettes de charbon. Par mois, je peux faire deux fours», confie Essa Ekouda. Il affirme livrer sur place le sac de charbon à 3000 Fcfa aux grossistes, qui le revendent en détail à 4000 Fcfa sur le marché de Yaoundé.
Sans aucun appui externe, relève-t-il, il a pu se rendre service, en rendant service aux ménages de la capitale. Charbonnier de son état, il compte pour ses clients et vice versa.

Olivier Ngono Moto
Correspondant local

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