Cameroun : Sans subventions, la culture du riz ne tiendrait pas

Galdala Hinama, chef de la cellule de communication, de documentation et des archives de la SEMRY.

Quelle est la part de la demande locale de riz couverte par les productions de la SEMRY ?
Nous produisons à peu près 100.000 tonnes de riz paddy par an, ce qui correspond environ à 80.000 tonnes de riz blanchi. Cela ne couvre même pas le tiers des besoins nationaux estimés à 300.000 tonnes. C’est pourquoi toute notre production est écoulée sur place. Jusqu’à un passé récent, le paddy prenait la direction des pays voisins. Cela tenait au fait que la SEMRY n’assurait pas la transformation locale du riz. Désormais, la SEMRY a trouvé une solution en collectant le paddy auprès des producteurs. Par conséquent, toute la production est transformée localement. La Société envisagera l’exportation, lorsqu’elle atteindra une production de 1.000.000 de tonnes de paddy par an, ce qui équivaut à 700.000 tonnes de riz blanc.

Quelles sont les variétés de riz vulgarisées?
La IR 46 d’origine philippine est la variété la plus vulgarisée en grande culture. Nous la préférons parce que sur le plan agronomique, son rendement moyen est de l’ordre de 6,5 tonnes à l’hectare. Cette variété permet à la SEMRY de boucler 2 cycles culturaux par an. Sur le plan organoleptique, c’est une variété qui a des caractéristiques inégalables.

En termes de difficultés?
De par son exploitation, la SEMRY a un compte déficitaire, parce que les prestations que nous faisons aux riziculteurs sont payées à la moitié de leurs coûts réels. Ces prestations concernent le labour, la fourniture d’eau, l’entretien du réseau d’irrigation, la production de semence de base, l’encadrement technique. Tout cela est facturé à 102.000 Fcfa l’hectare, alors que cela devrait normalement revenir à 204.000 Fcfa. L’Etat nous a demandé de ne facturer qu’à la moitié, parce que la riziculture doit être soutenue. Sans subventions, la riziculture ne prospérerait pas.

Quelles sont vos perspectives?
Nous travaillons sur un plan stratégique qui devrait nous emmener à exploiter 100.000 hectares de rizières pour une production de 1.000.000 de tonnes de paddy. La réalisation de ce plan stratégique nous permettra à moyen terme, de faire du Cameroun, un pays exportateur de riz.

Propos recueillis par Abbo Mohamadou

Print Friendly, PDF & Email

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *