Cameroun : Selamo Dorothy, une productrice de farines locales à Mbalmayo

Selamo, Directrice de la Gariland Academy s’est fait un nom grâce à ses pâtes alimentaires, ses dattes fourrées aux fèves de cacao et son café aromatisé.

Gariland Academy, l’école du tapioca?
Pas du tout ! La Gariland Academy est un centre de formation intercommunal qui fait dans l’incubation de la jeunesse dans la chaîne de valeur agricole et en particulier les racines et tubercules. Notre objectif est de pouvoir donner à l’Afrique un sourire sans faim tout en lui permettant d’atteindre sa souveraineté alimentaire.

La Gariland est réputée pour la transformation de nutriments à base de farines locales. Quelles sont les différentes farines que vous utilisez ?
Il faut noter que nous produisons nos propres farines. Nous produisons la farine de patate douce pour faire des yaourts, celle de manioc pour des pâtes alimentaires dénommées «miodonini» qui coûtent 500 Fcfa à raison de 300 grammes, les farines d’igname, de plantain et de macabo pour les enrobés et la pâtisserie comme les croissants, le pain avec un pourcentage élevé à plus de 30%. Nous luttons à notre façon contre l’importation des farines de blé.

Quel est le processus de transformation d’une farine locale ?
Le processus de transformation se fait en cinq étapes. L’épluchage des tubercules, le lavage par découpage en cossettes. Ensuite, le rouissage. Cette étape ne doit pas durer plus de 6 heures. Le séchage en 24h pour pâtisserie sous séchoir avec l’énergie solaire. Ensuite il faut écraser et tamiser.

Quelle est votre cible?
Notre cible principale est le panier de la ménagère. Néanmoins, face au constat selon lequel bon nombre d’écoliers chargent leurs pains avec des spaghettis, nous nous sommes lancés à la quête des cantines scolaires et universitaires pour proposer des pâtes plus enrichies.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans cette activité ?
L’activité relève beaucoup de difficultés et les principales sont : l’accès aux financements. Nous produisons en fonction des commandes.
L’emballage. Si nous nous limitons à 300 grammes, c’est parce qu’on n’a pas l’emballage requis et la technique d’ensachage de 500 grammes. Nos méthodes sont encore artisanales.
Problème de certification et des normes. Les coûts de certifications pour des start-up comme la nôtre sont élevés. De plus, il n’existe pas de normes pour des produits innovants. L’Anor travaille encore là-dessus.

Que faites-vous pour intéresser les jeunes à s’investir dans la production des farines locales ?
Mon défi est de former un grand nombre de jeunes dans ce domaine car, l’agroalimentaire c’est l’avenir.

Propos recueillis par
Sonia Omboudou

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