Cameroun : Surmonter la réglementation et les contraintes technologiques dans la filière produits forestiers non ligneux

De la réglementation mal articulée aux exigences technologiques en passant par le rude accès aux financements, les goulots d’étranglement ne manquent pas dans la filière PFNL.

Malgré l’importance des produits forestiers non ligneux (PFNL), les politiques forestières camerounaises des années 1980 et 1990 n’ont pas considéré le potentiel de ces produits dans le développement local et national.

Le caractère résiduel des produits forestiers spéciaux qui ressort en filigrane de la loi forestière de 1994 démontre que l’accent était particulièrement mis sur le bois d’œuvre, considéré comme la principale richesse vectrice de développement.

C’est au fil du temps que les PFNL sont apparus comme une ressource importante et capitale dont la promotion des chaines de valeur pourrait fortement contribuer au développement du Cameroun. Dans ce contexte, la sous-direction des PFNL n’a été créée qu’en 1998.

Nécessité d’améliorer le cadre institutionnel de la filière PFNL

Le cadre légal et réglementaire camerounais régissant la valorisation des produits forestiers spéciaux et des PFNL a très peu évolué et l’on observe une certaine prudence de l’administration forestière par rapport à la décentralisation de la gestion des ressources. Ces deux facteurs combinés favorisent l’expansion dans l’informel.

Des études du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) révèlent que les opérateurs concernés et surtout les populations rurales défavorisées, perdent des revenus de l’ordre de 35% de leur chiffre d’affaires du fait des tracasseries des forces de maintien de l’ordre, des polices communales et des agents forestiers. L’obligation de disposer d’un agrément à la profession forestière reste la contrainte majeure. Les modalités de son obtention sont inaccessibles aux couches sociales vulnérables qui dépendent fortement de la valorisation desdits produits.

A toutes ces difficultés viennent se greffer l’absence de données statistiques fiables, la faible organisation de la filière et l’utilisation des procédés de production peu efficaces.

« Actuellement, nous finalisons un travail d’analyse satellitaire au terme duquel nous produirons une base de données qui contribuera à solutionner les problèmes de statistiques que connait le secteur des PFNL» confie Serge Patrick Tadjo, chef service régional de la faune et des aires protégées au Nord.

Sur le plan infrastructurel, le développement des routes est nécessaire pour faciliter la circulation des PFNL, les installations de stockage sont également importantes.

Besoin d’équipements à prix abordables

La transformation locale des PFNL a besoin d’équipements à prix abordables. L’amélioration du conditionnement permettra de renforcer la compétitivité.

Enfin, la certification des PFNL doit être encouragée pour permettre aux communautés d’obtenir de meilleurs prix. Le miel provenant du Mont Oku dans le Nord-Ouest du Cameroun est le premier PFNL à obtenir une indication géographique. D’autres produits locaux peuvent suivre.

Abbo Mohamadou

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