Cameroun : Zones à risque de construction : Comprendre les dangers pour mieux protéger les populations

Les études et événements récents montrent que bâtir des maisons en zones à risque expose les familles à des véritables drames et catastrophes. Malgré tout, il faut sensibiliser les populations pour limiter les dégâts même lorsque la pression foncière dans villes et villages pousse les populations à y habiter.

Au Cameroun, les glissements de terrain, inondations et les éboulements sont légion. Chaque année, des familles voient leur habitation détruite parce qu’elles ont été bâties dans des zones naturellement instables : les zones à risque d’éboulement.

Ce sont des endroits où il y’a une forte probabilité que des évènements dangereux se produisent comme les éboulements de terrain, les inondations. Ces zones sont souvent caractérisées par des facteurs comme : la topographie (montagnes, plaines, côtes, etc.), la géologie (sols instables, roches fragiles, etc.), le climat (pluies intenses, tempêtes, etc.), l’activité humaine (déforestation, construction, etc.). Bien connues des géologues, autorités locales ou des habitants eux-mêmes, ces zones, faute de planification efficace, elles continuent à accueillir des habitations. Selon une étude menée à Yaoundé, l’érosion et les mouvements de terrain sont directement liés à l’urbanisation non planifiée et à l’occupation anarchique des pentes. Aussi, selon le Journal of the Cameroon Academy of Sciences (2023), plus de 300 glissements de terrain ont été recensés au Cameroun ces dernières années.

Un danger direct pour les humains

Les zones à risque sont particulièrement vulnérables en raison de leur topographie et des conditions climatiques. Les fortes pluies et les débordements de cours d’eau peuvent causer des dégâts considérables. Construire dans des zones à risque présente de nombreux dangers pour les personnes, les biens et l’environnement. Voici les principales raisons pour lesquelles il faut éviter ou réglementer fortement la construction dans ces zones :

Eboulement sans signe avant-coureur : Construire dans un secteur instable expose les habitants à des accidents graves, parfois mortels. Par exemple le cas qui s’est produit au quartier Mbankolo en 2023, un glissement de terrain qui a causé plus de trente décès, illustrent tragiquement les conséquences de constructions dans des zones instables (Greenpeace Afrique, 2022).

Perte matérielle et coûts élevés : Reconstruire après une catastrophe coûte plus cher que prévenir. L’État, les communes et les familles doivent assumer des dépenses colossales. C’est dans cette logique que le ministère des Finances souligne dans son Rapport sur la stratégie de financement des risques climatiques (MINFI, 2025) que la réparation des catastrophes coûte beaucoup plus que la prévention.

Déstabilisation de l’environnement : Certaines constructions aggravent même les risques à l’instar de déforestation, modification des sols, mauvaise gestion des eaux pluviales.

Kévine Wézé,
Spécialiste en aménagement
forestier et faunique

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