Source de revenue pour les populations du grand Sud-Cameroun, la mangue sauvage plus connue sous les appellations (mango, ndo’o) se ramasse dans les forêts de l’arrondissement de Mvengue. Le fruit juteux est sucé, son amande se vend cher au grand bénéfice des ramasseurs.
Produit forestier non ligneux (PFNL) le Ndo’o permet aux populations riveraines des forêts de faire des gains à travers sa commercialisation. Les populations du village Nkoambe dans l’arrondissement de Mvengue, département de l’Océan, région du Sud l’ont bien compris. En ce mois d’août, période de vacances. La plus part des jeunes se livrent au ramassage du fruit pour recueillir et transformer son amande. C’est le cas de Fleurette Zahle Owona, Tôt le matin, accompagnée de ses sœurs, le groupe de femme prend la route de la forêt à la recherche de l’Irvin Gia Gabonensis nom scientifique du ndo’o. La tâche n’est pas facile les équipements qu’elles détiennent en témoignent. Machettes, seaux, couteaux d’extraction de l’amande et du casse-croûte pour le temps à passer en brousse.
Fleurette est une habituée du ramassage de la mangue sauvage. C’est son activité économique durant la période. Elle évoque les risques. « Ce n’est pas toujours facile de ramasser le ndo’o, nous faisons face au serpent, scorpion et même les fourmis. Une fois les fruits ramassés, il faut les fendre en deux pour retirer l’amande. Le risque en couru est de se couper soit un doigt ou toute la main. Néanmoins cela en vaut la peine quand on sait combien l’activité nous rapporte».
Le seau de 15l de mango coûte 20 000 FCFA
Les populations du village Nkoambe commercialisent le mango sous plusieurs formes. Le fruit peut être vendu frais aux acheteurs qui veulent directement sucer. Beaucoup plus, son amande et proposée soit sec soit écrasée en pâte. Cette amande est vendue aux acheteurs qui collectent dans les villages à bord des motos taxi. Des acheteurs travaillent en étroite collaboration avec des ceux venus plus du Nigeria. Le marché local est également approvisionné. «A Ebolowa les clients sont plus nombreux. Les prix du ndo’o varient en fonction de l’unité de mesure locale. 5000 FCFA le seau de 3 litres, le seau de 5L à 15 000FCFA et celui de 15L à 20 000 FCFA en période de haute production. Les fonds générés de la vente du ndo’o contribuent à subvenir aux besoins économiques des familles tels que la scolarité des enfants, le payement des soins médicaux », affirme Fleurette Zahle Owona.
Dans les habitudes culinaires des peuples de la région du Sud, le ndo’o occupe une place prépondérante. L’amande écrasée est utilisée pour concocter plusieurs mets traditionnels. Parmi lesquels la sauce aux amandes de ndo’o, faite soit avec le poisson fumé, soit avec de la viande boucanée ; le ndomba de poisson d’eau douce, le met traditionnel des Ngoumba qui est une particularité de cette tribu de l’arrondissement de Lolodorf. Ces mets concoctés à base de la poudre de ndo’o sont accompagnés avec du plantain. Des saveurs traditionnelles très respectées au niveau local.
Francine Souga

